Évaluation des élèves par les compétences : un lien vers le monde de l’entreprise ?

A partir de la rentrée 2016, l’Éducation Nationale met en place une réforme sur l’évaluation des élèves du CP à la 3e. Là où le système évaluait les élèves sous forme de notes, il sera question dorénavant d’évaluer les élèves sous forme d’objectifs d’apprentissage (non atteints, partiellement atteints, atteints, dépassés) et de maîtrise du socle commun. Les notes pourront toujours demeurées si les enseignants le souhaitent.

Des avantages pour les enfants et leurs parents ?

Cette réforme de l’évaluation a pour but de rendre compte aux parents des acquis de leurs enfants.

“L’évaluation doit permettre de mesurer le degré d’acquisition des connaissances et des compétences ainsi que la progression des élèves” (site du ministère de l’éducation national).

A la fin de la scolarité obligatoire, les parents disposeront d’une trentaine de bulletins regroupés dans un seul livret scolaire permettant de voir l’évolution des acquis de leur enfant. L’idée est de rendre plus lisible la progression de l’élève tout au long de son parcours. Cela pourrait également permettre aux parents de mieux accompagner leurs enfants dans leur scolarité. En particulier pour les plus jeunes (en primaire), identifier les thématiques où l’élève a des difficultés deviendrait plus évident. Par exemple, la notion d’objectif “partiellement atteint” sur un point du programme est plus clair qu’un 12/20. Peut-être cela permettra-t-il également de réduire la “compétition” ou la “hiérarchisation” qui a tendance à s’instaurer (consciemment ou non) entre les enfants d’une même classe voire d’une même famille.

En ce qui concerne le collège, l’impact peut être plus nuancé. Si on parle de niveaux de compétences, le livret scolaire prévoit toujours des notes. Le ministère annonce toutefois que la présence ou pas d’une notation pourra être déterminée par l’équipe pédagogique des établissements. Reste à voir selon ces choix si l’ensemble sera plus clair (ou pas) pour les élèves et leurs familles. Par ailleurs, utiliser judicieusement, ce système pourrait permettre aux collégiens d’apprendre à analyser leurs résultats en ne se contentant pas de la note mais en regardant le niveau d’atteinte des objectifs du “contrôle” réalisé. Par contre, il ne faut pas oublier que cela demande un travail supplémentaire relativement important de la part de l’enseignant. Pour que la démarche fonctionne, il faut en effet que les élèves connaissent les objectifs pédagogiques et disposent sur chacun d’eux d’une évaluation.

Un lien vers l’entreprise ?

Outre les objectifs annoncés, il est tout à fait possible de visualiser d’autres avantages à cette réforme. Cette nouvelle méthodologie d’évaluation des élèves, ne préparerait-elle pas nos enfants à l’évaluation des compétences à laquelle ils seront confrontés en entreprise ?

En effet, l’évaluation professionnelle des salariés en entreprise fonctionne sur un mode tout à fait similaire. On définit les compétences cibles nécessaires à la tenue d’un poste et on fixe les objectifs que le salarié doit atteindre. On évalue ensuite ces derniers selon les critères de maîtrise des compétences et d’atteinte des objectifs fixés.

Ce système d’évaluation pourrait permettre une meilleure compréhension de la notion de compétences par les élèves. Plus précisément, cela pourrait (entre autres) aider les élèves de 3ème à définir leurs points forts lorsqu’ils doivent chercher le premier stage en entreprise. Par exemple, une bonne maîtrise de la langue française est une compétence tout à fait transférable entre l’école et l’entreprise.

En effet, lors d’une intervention dans un collège auprès des élèves de 3ème, nous nous sommes aperçues que ces jeunes sont particulièrement stressés par ce stage obligatoire et sa recherche. Pouvoir faire un lien entre leur quotidien qu’est l’école et l’entreprise pourrait les aider à relativiser la distance qu’ils perçoivent entre ces deux mondes.

Finalement, faire en sorte que les élèves comprennent l’évaluation que l’on fait d’eux dans les différentes matières tout au long de leur scolarité obligatoire, c’est peut être tout simplement les préparer à leur future vie professionnelle. Les évaluer sans les noter est une bonne chose car un employeur ne mettra pas de notes à ses salariés, mais les évaluera bien en termes de compétences et d’objectifs. Cette réforme, si elle résiste et si son application tient ses promesses, fera peut-être de nos enfants des élèves pouvant prendre en main leur scolarité et de futurs salariés capables de comprendre ce que l’on attend d’eux.

Plus d’informations sur la réforme

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